Société

La question écologique des hébergements web

La révolution numérique a, mainte fois, été louée. Et en effet, les nouvelles technologies liées au web représentent un accroissement de la capacité à communiquer plus loin, plus vite et de façon mieux ciblée. Tout cela pour des campagnes moins onéreuses. On comprend ainsi que cette nouvelle économie a dépassé le stade de pratique prometteuse pour devenir une véritable avant garde communicationnelle. Disons-le carrément : c’est un levier d’une efficacité redoutable. Rajoutons à cela qu’elle permet de baisser l’utilisation de papier au grand bonheur des arbres et de notre planète rendant la digitalisation plus durable. Oui, mais voilà, depuis quelque temps, et ce, malgré cet aspect durable, vous avez sans doute dû remarquer que l’on parle de plus en plus d’impact négatif de la toile sur l’environnement. Pourquoi donc, subitement, le web est-il devenu si néfaste pour notre planète ? 

La consommation électrique en jeu

La grosse problématique qui est mise en évidence par les critiques correspond à la consommation d’énergie et plus particulièrement d’électricité. En effet, la consommation électrique du matériel informatique, mais aussi des data centers et autres réseaux représente 10% de la consommation mondiale. Et si internet était un pays, il serait le troisième consommateur mondial. En fait, mis à part la Chine et les États-Unis d’Amérique, aucun pays ne consomme plus d’électricité. Ce qui peut générer un gros problème environnemental quand on sait que, dans certains pays, une bonne part de l’électricité produite provient de centrales utilisant des énergies fossiles, comme le charbon. C’est, par exemple, le cas aux États-Unis d’Amérique, justement, où une grande partie des data centers sont localisés. Ce qui joue forcément sur l’empreinte carbone et sur l’importance de celle-ci. Dans d’autres pays, comme la France, c’est le nucléaire qui est majoritaire. Certes, les centrales nucléaires ne rejettent pas de carbone et ne génèrent donc pas le réchauffement climatique qui en découle. Cependant, la dangerosité du procédé n’est plus à prouver, après plusieurs accidents. Et il demeure un problème environnemental avec le traitement des déchets générés qui sont, bien souvent, enfouis. Heureusement bon nombre d’hébergeurs web éthiques ont-ils pris l’option de devenir plus écologiques.

Quand les hébergeurs deviennent responsables

Face à ce constat, et pour permettre de régler cette problématique, certains hébergeurs web sont passés au vert. Et la recette, pour ce faire, est d’abord de réduire l’emprunte carbone en diminuant la consommation d’énergie grâce à des équipements moins gourmands. Cela passe par les comportements éthiques, comme le tri sélectif ou encore l’éclairage des bâtiments. Une diminution de la consommation qui permet de diminuer la demande et de faire baisser la production. Un deuxième levier d’intervention provient de l’utilisation d’énergies renouvelables, permettant des hébergements tout aussi efficaces, mais moins nocifs pour l’environnement. Car les besoins, eux, ne diminuent pas. Mais une électricité plus verte et provenant de sources renouvelables aura toujours la même efficacité que celle produite à partir d’énergie fossile. On peut ainsi agir en réorientant la production d’électricité vers des procédés impactant moins la crise climatique. Des hébergeurs, donc, tout aussi efficaces, mais qui prennent leurs responsabilités.

A propos de l'auteur

Laura

Laura

Journaliste d'investigations pour le EE Times mais également ailleurs. Plus d'infos sur mon profil Twitter (dont les tweets n'engagent que moi). Je suis spécialisée dans les enquêtes longues, surtout sur les divers lobbys.